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LE
SOIR - Nouvelles locales - Brabant wallon (3 octobre 2001)
CHAUMONT-GISTOUX
- Troisième édition du parcours d'artistes Vagabond'Art
ces deux prochains week-ends
A
chacun sa cabane, à chacun son imaginaire
La cabane,
un lieu d'enfance, de rêves et de créativité artistique.
Un thème particulier, pour un parcours d'artistes, qui suscite,
à Chaumont-Gistoux, pleinement des vagabondages de l'esprit.
CATHERINE
PLEECK
Suspendu
à une corde, l'homme grimpe avec souplesse et agilité dans
le peuplier. Se glisse entre les feuillages. Assuré par un baudrier,
il ne craint nullement de tomber sur le parking de la maison communale
de Chaumont-Gistoux. On se croirait presque en face d'acrobates. Mais
le décor est là pour suggérer qu'il s'agit plutôt
d'une équipe de grimpeurs-élagueurs.
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La
cabane imaginée par Sébastien Maréchal (à
droit) se présente sous la forme d'une boîte noire.
Par le jeu des ombres et des lumières, le visiteur pourra
y visualiser différentes photos.
Photo Paul Joachim.
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Quatre arbres
ont ainsi été abattus, dans le respect de la nature. Pas
pour rien. Ils menaçaient la sécurité publique. Cependant,
leur vie ne s'est pas arrêtée là. Les troncs, découpés
en planches, serviront à construire une cabane. L'une des trente-sept,
présentées lors du parcours d'artistes Vagabond'Art, ces
deux premiers week-ends d'octobre, à Chaumont-Gistoux.
Cette troisième
édition innove cette année avec le thème des cabanes.
Un thème concret, en phase avec la région, la campagne.
Un thème qui interpelle avant tout l'imagination. Les gens ont
d'abord été effrayés: "On ne va quand même
pas ouvrir notre jardin pour montrer notre cabane à outil"
, raconte Françoise-Florence Michel, coordinatrice du parcours
d'artistes Vagabond'Art. Ce n'était pas du tout ça l'objectif.
La cabane, c'est notre jardin secret, notre intérieur. C'est la
boîte où nous avons tous nos rêves. Il faut donc que
l'on retrouve l'imaginaire de la personne dans sa cabane. Faites marcher
votre créativité. Nous ferons suivre! Et si l'occasion lui
était donnée de construire sa propre cabane? Ce serait une
cabane dans un arbre perché, pour avoir un recul sur les choses.
Une cabane en bois, car j'aime les arbres. Avec un hamac suspendu, afin
d'établir un lien entre le rêve et la réalité.
Des cabanes de toutes les formes, de toutes les tailles. Des classiques,
des extravagantes... Variation de couleurs, diversité de matériaux.
Certaines seront construites par des artistes ou spécialistes,
d'autres par des amateurs et enfants.
L'école
de Bonlez participe ainsi à cette initiative. Deux cabanes seront
érigées, avec l'aide des parents. L'une, constituée
à partir de déchets recyclables, aura des murs faits de
boîtes de conserve et bouteilles en plastique. L'autre sera bâtie
en hauteur, sur pilotis. Le thème donné était "que
faire lorsqu'on échoue sur une île?", explique Brieuc.
On a donc voulu construire notre cabane sur pilotis pour se protéger
des marées et du vent. Les écoliers ont effectué
des recherches, se sont promenés dans la région pour photographier
les cabanes des alentours et pêcher des idées à gauche
et à droite.
La plupart
des cabanes ne seront pas inscrites dans l'éphémère
et deviendront partie intégrante des villages. Ainsi, la cabane
des grimpeurs-élagueurs servira de point d'information à
l'entrée de la vallée du Ronvau.
En marge
du projet cabane, une centaine d'artistes exposeront leurs oeuvres. Céramiques,
dessins, peintures, sculptures, films d'animation... seront visibles le
long d'un parcours libre, qui sillonnera Bonlez, Chaumont, Corroy-le-Grand,
Dion, Gistoux, Longueville et Vieusart.
La cachette
du petit Gravos
Du haut de
ses neuf ans, Pierre Gilliot n'est pas un simple amateur de cabanes. A
son actif, jusqu'à présent, déjà plus d'une
dizaine de cabanes. Avant, je regardais mon grand frère en faire.
Et puis, je me suis mis à l'aider. La dernière en date prend
place en hauteur dans le fond de son jardin, à Bonlez. Pratiquement,
toute la famille s'y est mise. J'ai dit: "Papa, je veux une cabane
à côté de l'étang." On l'a construite
dans un arbre, un catalpa. Après, j'ai voulu une terrasse.
Pas du tout exigeant le petit Pierrot! Six semaines ont été
nécessaires pour arriver à un tel résultat. Papa
a même travaillé pendant la nuit! La maman a peint l'extérieur
en rouge et a dessiné tout un paysage désertique à
l'intérieur. Elle est artiste et exposera ses oeuvres au parcours
Vagabond'Art. On a décidé de faire aussi une cabane pour
respecter le thème. Et puis aussi pour nous! Le grand-père
a également participé à la création de la
demeure, à sa manière, en testant l'échelle. Cette
dernière a dû être refaite pas moins de trois fois!
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Une
petite quarantaine de cabanes ont été construites
dans le cadre du parcours des artistes Vagabond'art.
Photo Paul Joachim.
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Pratiquement
construit uniquement à partir de matériaux récupérés,
le refuge a vraiment fière allure. Il présente un niveau
de finition impressionnant, qui ferait pâlir d'admiration plus d'un
gamin: grue amovible, coffre-fort, étagères, mât pour
le drapeau, échelle escamotable... Papa a raconté que le
pilotis, c'était pour éviter les attaques de Nelson, le
chien du voisin. C'est faux. Mais c'est vrai que la nuit, on a un peu
plus peur.
Pierre Gilliot sait de quoi il parle. Avec son frère, il a testé
à deux reprises sa cachette. Et pas question de la quitter. Les
repas lui étaient livrés grâce à la grue! Il
entend encore améliorer sa demeure au fil du temps. J'ai voulu
que l'on fasse une cheminée pour pouvoir faire un feu à
l'intérieur. Mais maman n'a pas voulu car c'est trop dangereux.
La détruire un jour? Il n'en est pas question. Quand on a déménagé,
on a dû casser notre précédente cabane, car les propriétaires
ne voulaient pas la garder. Celle-ci, elle restera. J'espère même
hériter de la maison pour que mes enfants et petits-enfants en
profitent. Elle a même déjà un nom: la cabane du petit
Gravos, du surnom donné à sa famille par certains habitants
de la région.
PRATIQUE
Quand?
Le parcours d'artistes Vagabond'Art aura lieu les week-ends des 6-7 et
13-14 octobre.
Où? Une cinquantaine de lieux dans l'entité de Chaumont-Gistoux.
Un plan-programme (80 F) sera disponible dans chaque lieu d'exposition
et au syndicat d'initiative (2, rue d'Inchebroux).
Autour des cabanes. Spectacles et animations itinérantes,
avec clown, conteuse et groupe théâtral.
Deux expos collectives. A l'espace culturel Perez (Dion): "Ma
commune comme je la vois" par des artistes de Chaumont-Gistoux et
"Maquettes de cabanes, architecture première" de l'Institut
supérieur d'architecture de La Cambre.
Parcours à vélo. Un plan d'accessibilité vélo
est disponible chez Bike Nature et au syndicat d'initiative. Possibilité
de louer des vélos. Rens.: 010-68.95.37.
Restauration. Aux piscicultures de Bonlez, petite restauration
en journée et dîner dès 19 h 30. Renseignements et
réservations: 010-68.84.42.
Renseignements. Tél.: 010-68.95.36. Internet: http://www.vagabondart.org
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