"La forme, c’est le fond qui remonte à la surface"

Victot Hugo

 

"La structure, cette puissance latente d'engendrer des objets"

Levi-Strauss

 

"Chaque fois que l'homme crèe des oeuvres plastiques, il ne fait rien d'autre en fin de compte qu'entrer en compétition avec ce que la nature crèe de son côté"

Riegl (Grammaire historique des arts plastiques, 1978)

Mario Merz (1925, Milan,peintre,dessinateur, sculpteur)
"Si j’étais un arbre, je ferais des feuilles."Libération, 18 août 2000

"On a besoin de construire de manière antihétique aux modèles actuels; construire selon des processus de croissance et de solitude, en suivant et en dominant sa propre volonté, selon un rythme naturel, selon la nuit et le jour. Des matériaux différents seront choisis à chaque fois, déterminés par le hasard, la place et la proximité d'autres éléments, le choix sera dicté par la végétation. La surface de la terre doit être un corps avec lequel ces éléments peuvent être en relation intime. Rien ne doit être réglé d'avance, c'est à dire capitalisé. La nécessité c'est de construire-heure par heure, jour par jour- diriger sa volonté sur ce qui est éparpillé dans la vie." In De Art Press nƒ48, 1981


Mario Merz participa à l'évènement Arte povera (Toscane 1967)"L'igloo est une architecture nomade, c'est l'abris temporaire et précaire qui fixe pour un temps une parcelle du territoire sur l'infini ou sur l'espace flottant d'un banc de glace.Cette référence au primitif montre l'abri le plus simple. L'igloo est un morceau de territoire grapillé, ramassé sur lui-même. L'igloo est rond partout. C'est le nid à l'envers. La forme élémentaire et cosmique émerge de la terre et rencontre le corps qui embrase le tout entièrement: le vide et le plein, dehors et dedans."

In: La structure et l'objet. Jean-Francois Pirson (Liège, Institut Superieur d'Architecture Lambert Lombart, 1984, Pierre Mardaga, ed.)

Christian Lacroix
Architecte, styliste et créateur

"Dans le minimum nécessaire, je placerai les cabanes de gardian:
de toutes petites maisons au toit de chaume, très peu meublées, seulement décorées de tissu vichy à motifs géants, rouge ou noir. Je suis fascinée par l'idée d'une existence à la fois active et apaisée, débarrassée du superflu de civilisation, de ces besoins empressés que l'on s'impose.
Une maison c'est donc un refuge, mais un refuge qui doit changer, grandir,se modifier sans cesse, partir dans toutes les directions, ne se refuser aucun possible, aller toujours dans le sens de l'indéfinissable. Cela conjoindrait la maison et les jardins de Pompéi au mobilier proche de Giacometti, le cabinet de curiosité du XVIe siècle, le bois et l'ardoise d'une salle de bain japonaise, le salon d'un cottage anglais, la chambre d'une datcha russe, l'atelier du Facteur Cheval…"

Renaud Poillevé "cabanes et petite forêt"

Dan Fuller des cabanes dans les arbres, peinture métaphorique

Juan d'Oultremont
Artiste polysensuel culotté
In "Art et Vie. Dans l'intimité des créateurs belges d'aujourd'hui"
Louis-Philippe Breydel et Raoul Buyle. Bruxelles, Alice éditions, 2001,
" Nous avons tous un rêve de cabane au fond du coeur, celle de notre enfance construite au bout du jardin dans laquelle nous aimions nous réfugier au milieu d'une forêt imaginaire. Certains l'ont oubliée. D'autres s'en rappellent d'autant mieux qu'ils aident leurs enfants à construire la leur. Juan d'Oultremont lui a poussé le rêve jusqu'à garder la sienne, celle d 'il y a vingt ans et s'y réfugie encore de temps en temps quand l'abruxellation du quotidien l'y contraint. Autrement dit, quand un petit coup de blues noircit le ciel bleu de cet artiste incassable. Précisons que Juan d'Oultremont adore le blues, dont le rythme à quatre temps lui rappelle que l'éternité reste l'objectif inavoué de l'art"(Texte de Raoul Buyle)

Daniel Ost

Artiste floral et végétal. In "Bladeren in Bloemen. Feuilles et fleurs" Gent, Floréal, 1998,p 216 "Ce n'est que si nous acceptons le matériau comme substance qu'il devient prêt à être transformé et à prendre sa nouvelle forme.Il faut alors tenter de revaloriser les matériaux végétaux avec une beauté inconnue avant.Comme la sclupture qui donne aux matériaux une nouvelle existence, l'art floral choisit des végétaux dans la nature ou des plantations, et les combine pour créer une nouvelle forme.(...) La théorie de l'objet trouvé n'est jamais loin. La création avec des végétaux est très proche de la sculpture. Elle est aussi en relation intense avec l'espace où elle se trouve dans la mesure où cet espace est le lieu où l'oeuvre existe et en même temps, la composition modifie l'espace."